Face au « crime de lèse-majesté » contre les Sénégalais, le Mouvement W.A.R. déclare la guerre aux politiciens professionnels
Après deux ans de retrait, le Mouvement W.A.R. (Warna Askan Wi Raw) brise le silence et pilonne le régime en place ainsi que les gestions locales à Kaolack et Kahone. Face à ce qu’il qualifie de « désastre économique » et de « guerre des chefs » au sommet de l’État, le président du mouvement, Pape Samba Sène, annonce son grand retour sur la scène politique et le lancement imminent d’une vaste coalition nationale en vue des prochaines élections territoriales.
La trêve est officiellement rompue à Kaolack. Resté en retrait de l’arène politique pendant près de deux ans, le Mouvement W.A.R. signe un retour fracassant. Lors d’une déclaration particulièrement offensive, son président, Pape Samba Sène, s’est fait le porte-voix d’un malaise social grandissant, brossant le portrait d’un Sénégal en proie à une profonde crise économique et institutionnelle.
« L’impécuniosité totale » du Sénégalais lambda
C’est avec des mots forts que le leader de W.A.R. a dépeint le quotidien de ses concitoyens. Évoquant un « cœur meurtri », Pape Samba Sène a fustigé la paupérisation des ménages, plongeant, selon lui, les populations dans une précarité financière absolue.
Pour le mouvement, les coupures d’électricité intempestives et le réchauffement du climat social sont les symptômes d’une déconnexion profonde des dirigeants actuels. Le fameux slogan de gouvernance « Jub, Jubal, Jubanti » (Probité, Droiture, Transparence) serait ainsi, d’après ses termes, définitivement « envoyé aux calendes grecques » au profit d’une gestion basée sur la clientèle politique.
Rivalités au sommet et déception politique
Le réquisitoire du mouvement ne s’est pas arrêté à la situation économique. W.A.R. pointe du doigt le spectacle des ambitions personnelles au plus haut niveau de l’État, dénonçant une « course aux privilèges » qui fracture jusqu’aux relations les plus fraternelles. Une allusion directe aux tensions internes de la scène politique nationale, qualifiée de « projet devenu prosaïque, pour ne pas dire poubelle ».
Les exécutifs locaux de Kaolack et de Kahone sont également dans le viseur de l’organisation, qui critique sévèrement leur bilan opérationnel et leur manque d’impact sur le quotidien des populations du bassin arachidier.
Cap sur les élections territoriales
Face à ce qu’il qualifie de « crime de lèse-majesté » contre le peuple sénégalais, Pape Samba Sène refuse que son mouvement reste simple spectateur. W.A.R. annonce officiellement la reprise de ses activités de terrain avec une ambition claire : les prochaines échéances locales.
Pour peser face à « une classe politique qui suce le sang des populations », le mouvement s’apprête à formaliser une grande coalition nationale. Cette alliance regroupera diverses structures partageant les mêmes idéaux, avec pour objectif affiché de barrer la route aux « politiciens professionnels » et de restaurer l’espoir déchu des Sénégalais.
Aly Saleh