Cheikh Mouhamadoul Mahi Ibrahima Niass, actuel khalife de Médina Baye, cité religieuse de la commune de Kaolack (centre), est connu pour sa contribution à la résolution de conflits de toutes sortes au Sénégal dans d’autres pays africains, ce qui lui vaut le titre d’ambassadeur de la Faydatou Tidjania au service de la paix.
Homme de foi et d’engagement, l’influence du cinquième khalife de la Faydatou Tidjania transcende les frontières, comme le legs de son père qui se propage en Afrique et ailleurs dans le monde.
En digne héritier de l’universalité de son père, il a réussi à négocier, en 2022, un ”cessez-le-feu” dans un conflit ethnique de 19 ans entre plus de 50 tribus au Darfour.
Cette ”prouesse diplomatique” lui a valu un accueil populaire et triomphal au Sénégal, Cheikh Mahi l’a réalisée sans aucun appui ni soutien, uniquement sur la base de l’amour d’Allah et de l’islam.
Ses nombreux périples en Afrique et un peu partout dans le monde ont fait de lui un grand connaisseur de la géopolitique.
Comme il aime le rappeler, son engament international ne gâche en rien son amour pour le Sénégal.
En fervent patriote, il continue de livrer régulièrement son opinion sur la marche du pays. Et chaque fois que de besoin, il met au service de la communauté ses talents de réconciliateur.
Début août, par exemple, il a réussi à réconcilier le préfet de Kaolack et le maire de cette commune du centre du Sénégal, Serigne Mboup, au lendemain d’une vive tension entre les deux autorités à l’occasion de la Journée nationale de l’arbre.
Le khalife de la Faydatou Tidjania, allure discrète et modestie désarmante, incarne les deux pans de la connaissance : les livres et les voyages.
A la tête de la Faydatou Tidianiya depuis le 2 août 2020, le fils de Cheikh Al Islam El Hadji Ibrahima Niass dit Baye (1900-1975) et de Zeyda Aïssatou Sarr s’est forgé l’image d’un guide religieux profondément attaché aux préceptes de l’islam et d’un grand intellectuel des temps modernes.
Discret scientifique, humble guide
Né à Kaolack le 25 février 1938, Cheikh Mahi, comme on l’appelle affectueusement, a été initié à l’enseignement arabo-islamique par son illustre père, Baye Niass, avant d’être transféré en Mauritanie auprès de l’éminent maitre coranique, Raabani.
De retour au Sénégal, il se consacre à l’apprentissage du savoir pendant plusieurs années, avant d’intégrer la faculté des lettres et sciences sociales de la prestigieuse Université Al Azhar du Caire, en Egypte, où il a décroché une maîtrise en histoire islamique, en 1976.
Avec ce diplôme, il devient fonctionnaire international de la Ligue islamique mondiale, après son retour au Sénégal, et enseigne en même temps à l’Institut islamique afro-américain de Médina Baye.
Philomathe résolu, Cheikh Mahi trône dans sa résidence une bibliothèque bien fournie. Son amour pour la recherche et la science font de lui un exégète pointu des lois islamiques.
Maitre de conférences polyglotte, le guide religieux a longtemps brillé sur le podium des universités étrangères de par sa pédagogie légendaire.
Armé de science jusqu’aux dents, l’actuel khalife de la Faydatou Tidjania a toujours eu la confiance de ses ainés, dont il garde avec soin les héritages.
C’est d’ailleurs ce qui lui a valu d’occuper le poste de directeur de l’Institut islamique afro-américain de Médina Baye en 1998 et d’être promu vice-khalife de Médina Baye sous l’ère Cheikh Ahmed Tidiane Niass.
Humble, courtois et jovial, son accessibilité est connue de tous à Médina Baye, preuve de son humilité légendaire. Il a coutume de se mettre chaque soir à côté d’un groupe de fidèles devant son domicile.
Riche ou pauvre, il accorde à tous la même considération.
Quand on le questionne sur cette modestie, il dit : ”Yallah lay ligeeyal ci jamm yi” (Je travaille pour le Seigneur à travers ses créatures, en wolof).
Cheikh Mahi est un berger des âmes. Sa doctrine religieuse exalte, chez le fidèle, le sens du devoir et fermente son esprit.
Ses relations avec la jeunesse sont empreintes d’empathie. Pour lui, la jeunesse n’est pas un fardeau mais un pilier essentiel de l’accomplissement spirituel d’une nation, comme l’écrivait son vénéré père dans son ouvrage ”Ruhul Adab” (La quintessence des bonnes convenances, en arabe).
Son ambition pour Médina Baye ne souffre d’aucun doute. Et parmi ses chantiers, il y a le projet ”Barham City” , dédié à la modernisation de la cité religieuse et qui inclut notamment un volet assainissement.
L’implantation d’écoles coraniques modernes et de forages, la vulgarisation du fonds Médina Baye font également partie de cette ambition de modernisation.
APS