Dix mois après sa détection en Chine, les chercheurs n’ont pas encore déterminé l’origine du nouveau coronavirus. Le virologue Étienne Decroly a émis plusieurs hypothèses dans le site du Centre national de la recherche scientifique (Cnrs), parmi lesquelles l’origine animale de ce virus. Cette piste a été prise au sérieux alors que le nouveau coronavirus était largement méconnu. Si cette hypothèse se vérifiera, il serait donc « crucial de comprendre comment ce virus a passé la barrière d’espèces et est devenu hautement transmissible d’homme à homme », lit-on dans le site du Cnrs. Selon le virologue, l’étude des mécanismes d’évolution et des processus moléculaires impliqués dans l’émergence de ce virus pandémique est essentielle afin de mieux nous prémunir contre des émergences potentielles de ce virus dans l’optique de fabrication des médicaments et des vaccins. À l’état actuel de la recherche, aucune piste n’est à écarter, cependant, de fortes ressemblances sont mises en évidence entre les séquences génomiques d’échantillons viraux des malades infectés par Sars-CoV-2 et celles de la chauve-souris. « En comparant les séquences génomiques d’échantillons viraux de différents malades infectés par SARS-CoV-2, on a observé un taux d’identité de 99,98 %, ce qui montrait que cette souche virale avait émergé très récemment chez l’humain. On a, par ailleurs, rapidement découvert que ce génome était à 96 % identique à celui d’un virus de chauve-souris (RaTG13) collecté en 2013 à partir de fèces de l’animal et dont les séquences ne sont connues que depuis le mois de mars 2020 », rapporte le scientifique. À l’en croire, jusqu’ici, aucune épidémie liée à la transmission directe de la chauve-souris à l’homme, n’ayant été démontrée à ce jour, on pense que la transmission à l’humain doit plutôt s’effectuer via une espèce hôte intermédiaire dans laquelle les virus peuvent évoluer puis être sélectionnés vers des formes susceptibles d’infecter des cellules humaines.

Idrissa SANE